Définition

C’est une hyperkératose étendue aux limites floues sans nucleus à ne pas confondre avec le cor.

Etiologie

a) causes déterminantes

  • Hyperpression plantaire du au contact avec le sol ou au semélage dur d’une chaussure.
  • Chaussures à talons hauts favorisant l’hyper appui notamment sous les têtes métatarsiennes.

b) causes favorisantes

Troubles de la répartition des charges au niveau du pied :
  • pied creux antérieur, déformation dans un plan sagittal.

Il est caractérisé par un abaissement de l’ensemble des métatarsiens (verticalisation des métatarsiens).

Déformation dans un plan frontal :
  • avant pied creux, la première et la cinquième tête sont plus basses donc il y a une hyperpression sous la première et la cinquième tête métatarsienne.
  • avant-pied rond, la première et la cinquième tête sont plus hautes donc l’hyperpression se faits sous les têtes moyennes métatarsiennes. Cela forme un avant-pied convexe vers le bas.
  • avant-pied plat, toutes les têtes métatarsiennes sont au même niveau donc l’ hyperpression est sous toutes les têtes métatarsiennes.

Ces déformations sont à mettre en corrélation avec l’épaisseur du capiton plantaire (couches graisseuses permettant la répartition du poids ou de la charge).

Pathologies ou déformations du premier rayon (hallux) :
  • hallux rigidus, arthrose de la première articulation métatarsophalangienne. Enraidissement douloureux de cette articulation sans déviation de l’axe. Cela entraîne un report de charge sur l’articulation interphalangienne qui finit par se réduire. Il entraîne un orteil en barquettes, une hyperkératose et une hyperalgie sous l’articulation interphalangienne.
  • atrophie du capiton plantaire.

Toutes ces déformations peuvent entraîner une pathologie cutanée.

signes cliniques

a) signes fonctionnels

La douleur mécanique apparaît à la marche et cesse au repos.

Au début, c’est une simple gêne qui augmente et devient une douleur à type de brûlure. On constate une démarche antalgique pour tenter de diminuer le temps d’appui sur la zone douloureuse.

b) signes physiques

À l’inspection, hyperkératose est arrondie, aux limites floues. La taille varie de un à plusieurs centimètres. L’hyperkératose est jaunâtre et plus sombre dans sa partie centrale.

À la palpation, on ressent l’épaisseur de l’hyperkératose, il est mobile par rapport au plan sous-jacent.

À la périphérie, la peau saine ne présente pas de signes inflammatoires.

À l’ excision, les couches successives d’hyperkératose sont homogènes et sans nucleus.

Evolution et complications

Le durillon ne se complique que très rarement en bursite.

Lorsqu’elle existe, le durillon présente tous les signes inflammatoires à la périphérie et la douleur est permanente.

En cas d’hyperhidrose, il peut y avoir une fissuration et une macération de l’ hyperkératose qui devient blanchâtre. Elle se détache en lambeaux et la peau présente des fissurations rouges.

En cas de défaut d’hygiène (dermite saponiprive), il y a un risque d’infection.

On peut retrouver des hématomes ou des phlyctènes (ampoule).

Chez les personnes artéritique, il y a un risque de gangrène.

Chez les diabétiques, notamment en cas de neuropathie périphérique, on peut retrouver un mal performant plantaire. Il y a le même type de pathologies dans les cas de maladie neurologique (avec une perte de sensibilité).

Forme clinique

le papillome traumatique

il est fréquent en cas de hallux rigidus. On le retrouve principalement sous l’ articulation interphalangienne de l’hallux.

L’hyperkératose est peu importante.

Après excision, on trouve une papille dermique hypertrophiée sous la forme de points rouges disposés  de façon irrégulière.

Cette forme est hyperalgique et évolue de manière identique au durillon.

Traitements

Des soins de pédicurie vont permettre de retirer mécaniquement les durillons mais ils reviendront systématiquement si on en retire pas la cause, c’est pourquoi votre podologue vous proposera des conseils de chaussage, des orthoplasties  (appareillage amovible (élastomère de silicone) protégeant les lésions épidermiques.), des orthonyxies, ou bien des semelles orthopédiques afin de répartir les pressions plantaires.