Définition

Hyperkeratose localisée due à une hyperpression ou un frottement sur une surface osseuse réduite avec la présence d’un nucléus, c’est ce qui le différencie d’un durillon. Il est plus épais en son centre qu’à la périphérie. Le maximum d’épaisseur = le maximum de pression.

Etiologie (causes)

a) Causes déterminantes.

Pression ou frottement anormal de la peau et du tissu cellulaire sous cutané comprimé entre le plan osseux et la chaussure ou entre 2 zones cutanées voisines.

b) Facteurs favorisants.
  • Les anomalies morphologiques du pied et des orteils (griffes d’orteils).
  • Chaussures mal adaptées.
  • Cuir trop rigide (augmente les frottements)

Pathogénie

L’épaississement de la couche cornée peut s’expliquer par :

  • Une ischémie du derme (cause : compression), la migration des cellules vers l’épiderme est plus rapide car compression des vaisseaux.
  • L’assise basale est stimulée par le frottement sur le point le plus superficiel, ce qui entraine une vasodilatation des capillaires (augmentation de leur calibre) ce qui augmente l’apport sanguin et augmente la formation de nouvelles cellules …

C’est un cercle vicieux car plus le cor est épais, plus celui-ci est comprimé, plus la création de cellules est stimulé.

Le nucléus traverse complètement l’épiderme pour arriver dans le derme, on parle de pointe cornée.

L’hyperkeratose évolue en profondeur : forme de punaise.

La formation du nucléus commence donc par une hyperkeratose superficielle, ce qui crée un amas de cellules cornées.

=>Les cellules évoluent en profondeur pour créer le nucléus.

Evolution  / complications

a) Stade d’hyperkeratose.

C’est là qu’on observe l’hyperkeratose, ainsi qu’un érythème périphérique (rougeur). Formation du nucléus.

b) Stade inflammatoire.

La vasodilatation capillaire s’accompagne d’une augmentation du volume du liquide interstitiel.

Cette accumulation se fait dans le derme, l’hypoderme ou les deux.

L’augmentation du volume entraine une augmentation de la pression dans les tissus. La pointe du nucléus va déchirer le tissus sous cutané, et abouti à la formation d’une cavité qui va se remplir de ce liquide.

=> C’est la bursite (Inflammation d’une bourse séreuse pathologique). La bursite communique avec la surface de la peau avec un canal (perthuis) qui est couvert d’une membrane fine.

c) Stade infectieux.

La bursite s’infecte et se transforme en abcès. Le dernier peut se présenter sous la forme d’une bourse séreuse (derme ou hypoderme) ou d’un sablier, s’il traverse les deux couches.

La superposition modifie localement l’aspect, ce qui vient s’ajouter à une augmentation du volume du cor et un ramolissement central aboutissant à la liquéfaction du nucléus.

Les signes de l’inflammation :

  • Erythème (rougeur)
  • Douleur (algie)
  • Chaleur (localisée)
  • Tuméfaction (gonflement ou oedème)

On retrouve une douleur pulsatile, une adenopathie dans le territoire correspondant (atteinte des ganglions lymphatiques), associée à des trainées de lymphangites (inflammation des vaisseaux lymphatiques => traces rouge sur le pied).

d) Stade d’atteinte osseuse.

Ostéites  = os infecté.

L’expansion de l’infection dépend de la localisation du cor et de la sensibilité du patient.

Si rien n’est fait, on débouche sur une septicémie ou infection généralisée => le pronostique vital est engagé.

e) l’Hématome.

C’est une affection liée à une accumulation sanguine faisant suite à un choc ou à des micro-traumatismes, ce qui entraine une recrudescence de la chaleur.

Autour du cor, on retrouve une tache violacée qui évolue vers le bleu pour devenir noir. A l’excision on retrouve du sang coagulé.

L’évolution de l’hématome est toujours favorable.

f) La Gangrène.

Chez les sujets artéritiques ou diabétiques, on retrouve une nécrose cellulaire par ischémie.

=>Le cor apparaît sous la forme d’une plaque arrondie, noir et insensible, la périphérie du cor étant hyperalgique.

Elle évolue vers la guérison en quelques mois par des soins quotidiens ou elle se répand pour aboutir à une amputation.

Signes cliniques

a) Signes fonctionnels (ressentis par le patient)

La douleur est le motif de la consultation, il s’agit d’abord d’une simple gêne à la marche. Elle devient rapidement aiguë à un type de brûlure, peut empêcher le port de la chaussure.

C’est une douleur mécanique qui augmente à la marche, qui n’entraîne pas de réveil nocturne, avec un dérouillage matinal court (<30mn).

La douleur inflammatoire est une douleur qui s’atténue à l’exercice avec un réveil nocturne en 2ème partie de nuit accompagnée d’un dérouillage matinal long (>45mn).

La douleur mécanique survient à cause d’un type de chaussures particulier et va devenir permanente avec l’apparition de complication.

Elle peut entraîner une boiterie, voir limiter la marche => c’est une douleur plus intense que le durillon.

b) Signes physique.

À l’inspection, le cor apparaît comme une zone d’hyperkératose jaunâtre plus sombre en son centre ce qui correspond au nucléus.

En cas de bursites, le nucléus peut présenter une couleur pâle et un aspect macéré.

Il présente une forme arrondie, sa taille varie de quelques mm à 1 cm.

À la palpation, il s’agit d’une masse ferme, bien délimitée et démarquée de la peau saine. Il peut être saillant en cas de bursite. Son épaisseur augmente de la périphérie vers le centre. Le cor est peu mobile par rapport au plan sous-jacent du nucléus.

Très douloureux à la pression direct.

À l’excision, on observe des couches d’Hyperkératose stratifiées, puis on retrouve le nucléus.

On enlève la corne superficielle, puis le nucléus et on retrouve parfois une bursite.

La bursite va s’ouvrir en laissant échapper du liquide séreux.

Dans les cors importants, on peut retrouver des nucléis.

les localisations :
  • Face dorsale des articulations inter-phalangiennes .
  • Face plantaire des articulations métatarso-phalangiennes.
  • Pulpe des orteils.
  • Faces latérales de l’hallux et du 5ème orteil.
  • Au pourtour de l’ongle (péri-unguéaux)
  • Sous l’ongle (sus-unguéaux)
  • au niveau de l’exostose (en cas d’hallux valgus)
Le cor mou :

Hyperkératose macérée, spongieuse, blanche et molle. Il peut comporter un ou plusieurs points hémorragique de couleur noirâtre et peut être entouré d’un halo inflammatoire rouge vif.

=> les espaces interdigitaux, faces latérales des articulations interphalangiennes ou dans les commissures.

Le cor neuro-vasculaire :

C’est un cor qui englobe de nombreuse papilles vasculaires et des terminaisons nerveuses libres. Elles sont visibles par transparence de l’Hyperkératose, se présentent sous la forme de tâches ponctiformes, Ils peuvent  aussi se présenter sous formes de trainées blanches. => Ils saignent facilement.

Les cors granuleux ou miliaire :

Pas d’induration superficielle, seul le nucléus est présent. Celui-ci est dur et compact et profondément enfoncé dans l’épiderme.

Indolore mais par sa taille  et sa localisation il peut devenir gênant. On les retrouve classiquement autour d’un amas de sels de cholestérol.

Traitements

Des soins de pédicurie vont permettre de retirer mécaniquement les cors mais ils reviendront systématiquement si on en retire pas la cause, c’est pourquoi votre podologue vous proposera des conseils de chaussage, des orthoplasties  (appareillage amovible (élastomère de silicone) protégeant les lésions épidermiques.), des orthonyxies, ou bien des semelles orthopédiques afin de répartir les pressions plantaires.